• Prisonniers sans frontières - artisan
    Acquérir des compétences pour préparer sa réinsertion
  • Prisonniers sans frontières - culture
    Améliorer l'alimentation par la culture de jardins maraîchers
  • Prisonniers sans frontières - artisan
    Pour redonner espoir et dignité aux prisonniers en Afrique
  • Prisonniers sans frontières - procédure
    Faire respecter les droits des détenus
  • Prisonniers sans frontières - hygiéne
    Développer l'hygiène pour faire progresser la santé
  • PRisonniers sans frontières femmes
    Ecouter et apporter un soutien moral

page de couverture du rapport

Présence de PRSF depuis 2001.

PRSF au Togo

Responsables-pays : Bérengère MONEGIER DU SORBIER, Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Jean Berkani, Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Coordinateur national : Daniel LAAM-KUABA, E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Il est assisté de M. Bonaventure ALOU.

Prisons où les 12 équipes-terrain PRSF interviennent : Aneho, Atakpamé, Bassar, Dapaong, Kanté, Kara, Lomé, Mango, Notsé, Sokodé, Tsévié et Vogan.

Paysage : 13 prisons regroupant 4 494 détenus (pour une capacité d’accueil prévue de 2 720) pour une population de 7.552.318 habitants au Togo, ce qui donne un taux d’incarcération de 57 pour 100 000 habitants.

a) Contexte politique, démographique et sécuritaire :

Le pays est stable politiquement et pour l'instant à l'abri du terrorisme islamique. Cependant des troubles récents peuvent remettre en cause cette stabilité. Face aux défis économiques que rencontre actuellement le Togo, les autorités mènent plusieurs actions dont le développement des infrastructures routières, de la promotion de l'emploi des jeunes, de l'activité bancaire.

En juillet 2016, l’Assemblée nationale a adopté des lois visant l’abolition de la peine de mort. Le 2 novembre 2015, elle avait adopté un nouveau Code pénal qui contenait plusieurs éléments positifs dans le domaine des droits humains notamment des moyens pour éviter la prison aux primo-délinquants (TIG, sursis, mis à l’épreuve…). Ces avancées sont néanmoins conditionnées à l’application du nouveau code de procédures pénal qui nécessite une réforme de l’organisation judiciaire actuelle, excessivement coûteuse. Le Togo est également touché par un taux de récidive extrêmement important, notamment du fait de l’absence d’une réelle politique de réinsertion et de la mixité entre prévenus/inculpés et condamnés.

Données démographiques en octobre 2015 : 7 millions habitants – taux d’accroissement de 2,8% par an. Ce qui frappe, c’est l’omniprésence des jeunes (65% de la population). Les villes grouillent de jeunes qui, souvent paraissent attendre on ne sait quoi, ou, pour les plus chanceux, les clients qu’ils pourront transporter sur leur moto, engins pétaradants et klaxon enfoncé en permanence.

La pauvreté a reculé mais demeure élevée puisqu’elle concerne 58,7% de la population togolaise.

b) Les prisons : leur nombre, les visites :

Les 13 prisons accueillent à ce jour 4 494 détenus pour une capacité prévue de 2720 détenus, soit un taux d’occupation de 165%. La catégorie de personnes en attente de jugement (prévenus + inculpés) représente 65% des individus. La direction de l’administration pénitentiaire dispose d’un budget de 185 XOF (0,27€) par détenu et par jour. On notera une vigilance renforcée de la part des autorités vis-à-vis des manquements des personnels pénitentiaires.

Etat des lieux des prisons :

-Prise en charge médicale et infrastructures médicales insuffisantes, infirmiers souvent absents,

-Lieux de vie dégradés et exigus en raison de la surpopulation carcérale,

-Informatique installée mais non opérationnelle,

-Manque d'occupation des détenus.

c) Les équipes-terrain :

Il y a une équipe-terrain auprès de 12 prisons avec un responsable terrain. Les effectifs des équipes-terrain au nombre de 52 sont plutôt faibles ce qui est insuffisant pour assurer une présence effective auprès des détenus. Beaucoup de candidats ne restent pas car c’est une activité bénévole et ils cherchent des compensations. Grande disparité entre les équipes-terrain par leur nombre, leur présence et par les activités…  Le dynamisme des équipes-terrain à travers leurs initiatives ou de l’encadrement de la prison est le vrai moteur pour conduire les actions qui améliorent les conditions des détenus. Comment mettre de l’essence dans le moteur des équipes-terrain ?

-en renforçant le nombre des membres des équipes-terrain,

-en favorisant la collaboration et la communication avec les acteurs de la prison,

-en aidant les acteurs à chercher des financements locaux (à titre d’exemple : l’organisation du XXème anniversaire de PRSF (50% apport du siège et 50% financement local).

-en divulguant les initiatives d’une équipe-terrain auprès des autres (fabrication du savon liquide et de l’eau de javel ce qui diminue presque d’un tiers ce poste dans les dotations),

-en insistant sur la régularité des présences de l’équipe-terrain dans la prison, en encadrant au mieux les nouveaux bénévoles.

-être signe d’espoir pour les détenus, les écouter pour qu’ils s’ouvrent en se confiant aux membres de PRSF et c’est une mission qui va au-delà de l’aide matérielle à savoir l’écoute.

Les responsables-pays ne sont pas les principaux acteurs ; ils recueillent les doléances des acteurs de la prison et les invitent à construire un projet où chacun sera associé (les détenus, l’équipe-terrain de PRSF, le régisseur et la nouvelle garde). Dans ce travail de construction, c’est le premier pas pour qu’après cette appropriation, le projet soit une réussite.

d) Les responsables-pays et les coordinateurs nationaux :

Bérengère MONEGIER du SORBIER et Jean BERKANI sont les responsables-pays pour le TOGO.

Ils sont assistés sur le terrain par deux coordinateurs nationaux : Daniel LAAM KUAMBA, coordinateur principal, professeur de Français au lycée de SOKODE, plus spécialement chargé des prisons du Nord et Bonaventure ALOU, coordinateur adjoint, chauffeur routier et conducteur de convois, chargé des prisons du Sud.

e) Principaux événements organisés par les équipes-terrain :

Les équipes-terrain les plus solides prennent maintenant l’initiative de la réalisation de petits projets dont elles assurent le financement et contrôlent la réalisation.

Celle de Tsévié a pris en charge la réfection d’une cour intérieure afin que les détenus ne soient plus dans la boue suite aux écoulements des eaux usées.

Celle de Notsé a décidé d’équiper les cellules de ventilateurs  pour atténuer la chaleur dans les bâtiments où les détenus sont enfermés la nuit, de 18h le soir à 6h le lendemain matin. Enfin, d’autres ont repris dans certaines prisons les activités mises en place dans le cadre d’un projet d’une ONG sur l’aide à la réinsertion limité à 3 ans.

f) Réalisations dans le domaine de l’hygiène/santé, alimentation, jardins maraîchers, accès au droit,préparation à la réinsertion :

*Hygiène/Santé : Aux dépenses de savon liquide et d’eau de Javel (réalisation de PRSF dans presque toutes les prisons), il faut ajouter la prise en charge des ordonnances des détenus qui ne bénéficient pas de visites de leur famille, l’achat de savons de toilette. A noter que la gale sévit encore dans certaines prisons du fait de l’absence d’examen des nouveaux détenus. Le problème des fosses septiques toujours pleines est récurrent malgré l’achat par l’Administration Pénitentiaire de 2 camions vidangeurs.

*Alimentation : un seul repas par jour est servi aux détenus, insuffisant pour ceux qui n’ont pas le soutien de la famille ; 7 prisons disposent d’un jardin ce qui permet aux détenus qui le souhaitent d’y travailler et d’apprendre ainsi le métier. La production s’est améliorée en quantité et a commencé à permettre la vente d’une partie des légumes sur le marché pour financer l’achat des semences et le renouvellement du matériel.

*Accès au Droit : Les responsables-pays encouragent l’initiative du Conseil de l’Ordre qui a institué un Bureau pénal pour assurer une permanence d’avocat pour les interpellés et les assister lors de leur présentation devant le Procureur ou le juge d’instruction.

*De la détention à la réinsertion : Ce sont principalement les activités maraîchères, l’hygiène et l’alphabétisation qui peuvent être facteurs de réinsertion.

Les responsables-pays insistent sur la collaboration avec les autres associations intervenant en milieu carcéral pour tenter de travailler en commun et notamment pour assurer la pérennité des projets.

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