• Prisonniers sans frontières - artisan
    Acquérir des compétences pour préparer sa réinsertion
  • Prisonniers sans frontières - culture
    Améliorer l'alimentation par la culture de jardins maraîchers
  • Prisonniers sans frontières - artisan
    Pour redonner espoir et dignité aux prisonniers en Afrique
  • Prisonniers sans frontières - procédure
    Faire respecter les droits des détenus
  • Prisonniers sans frontières - hygiéne
    Développer l'hygiène pour faire progresser la santé
  • PRisonniers sans frontières femmes
    Ecouter et apporter un soutien moral

page de couverture du rapport

Présence de PRSF depuis 2001.

PRSF au Togo

Responsables-pays : Bérengère MONEGIER DU SORBIER, Email : bergere.mds(at)gmail.com et Jean-Pierre MUNIER, Email : divauni.munier(at)orange.fr

Coordinateur national : Daniel LAAM-KUABA, E-mail : laamkuaba(at)yahoo.fr

Il est assisté de Bonaventure ALOU.

Prisons où 12 équipes-terrain PRSF interviennent : Aneho, Atakpamé, Bassar, Dapaong, Kanté, Kara, Lomé, Mango, Notsé, Sokodé, Tsévié et Vogan.

Paysage : 12 prisons (elles sont toutes visitées) retenant 4.304 détenus pour une capacité d’accueil de 2.607 pour une population de 7.552.318 habitants au Togo ce qui donne un taux d’incarcération de 57 pour 100 000 habitants.

a) Contexte politique, démographique et sécuritaire :

Le pays est dirigé par un président réélu l’an dernier pour un troisième mandat.

Données démographiques en octobre 2015 : 7 millions habitants – taux d’accroissement de 2,8% par an. Ce qui frappe, c’est l’omniprésence des jeunes (65% de la population). Les villes grouillent de jeunes qui, souvent paraissent attendre on ne sait quoi, ou, pour les plus chanceux, les clients qu’ils pourront transporter sur leur moto, engins pétaradants et klaxon enfoncé en permanence.

La pauvreté a reculé mais demeure élevée puisqu’elle concerne 58,7% de la population togolaise.

b) Les prisons : leur nombre, les visites :

Il y a 12 prisons civiles au Togo et bientôt 13 lorsque celle de KPALIME sera ouverte, destinée à désencombrer celle de LOME. Toutes ces prisons sont régulièrement visitées par les responsables- pays lors de leur mission semestrielle.

Au 5 octobre 2015, lors de la dernière mission, il y avait 4.422 détenus dont 126 femmes et 38 mineurs et 697 étrangers pour un nombre de places limité à 2.270 soit un taux d’occupation de 163 % en moyenne. On notera la proportion de détenus en instance de jugement : 3.072 (prévenus et inculpés) par rapport aux condamnés (1.312) soit un ratio de 69,47 %. Le taux d’incarcération est de 59 pour 100 000 habitants.

Etat des lieux des prisons :

-Prise en charge médicale et infrastructures médicales insuffisantes, infirmiers souvent absents,

-Lieux de vie dégradés et exigus en raison de la surpopulation carcérale,

-Informatique installée mais non opérationnelle,

-Oisiveté des détenus.

c) Les équipes-terrain :

Il y a une équipe-terrain auprès des 12 prisons avec un responsable terrain. Les effectifs des équipes-terrain au nombre de 57 sont plutôt faibles ce qui est insuffisant pour assurer une présence effective auprès des détenus. Beaucoup de candidats ne restent pas car c’est une activité bénévole et ils cherchent des compensations. Grande disparité entre les équipes-terrain par leur nombre, leur présence et par les activités…  Le dynamisme des équipes-terrain à travers leurs initiatives ou de l’encadrement de la prison est le vrai moteur pour conduire les actions qui améliorent les conditions des détenus. Comment mettre de l’essence dans le moteur des équipes-terrain ?

-en renforçant le nombre des membres des équipes-terrain,

-en favorisant la collaboration et la communication avec les acteurs de la prison,

-en aidant les acteurs à chercher des financements locaux (à titre d’exemple : l’organisation du XXème anniversaire de PRSF (50% apport du siège et 50% financement local).

-en divulguant les initiatives d’une équipe-terrain auprès des autres (fabrication du savon liquide et de l’eau de javel ce qui diminue presque d’un tiers ce poste dans les dotations),

-en insistant sur la régularité des présences de l’équipe-terrain dans la prison, en encadrant au mieux les nouveaux bénévoles.

-être signe d’espoir pour les détenus, les écouter pour qu’ils s’ouvrent en se confiant aux membres de PRSF et c’est une mission qui va au-delà de l’aide matérielle à savoir l’écoute.

Les responsables-pays ne sont pas les principaux acteurs ; ils recueillent les doléances des acteurs de la prison et les invitent à construire un projet où chacun sera associé (les détenus, l’équipe-terrain de PRSF, le régisseur et la nouvelle garde). Dans ce travail de construction, c’est le premier pas pour qu’après cette appropriation, le projet soit une réussite.

d) Les responsables-pays et les coordinateurs nationaux :

Bérengère MONEGIER du SORBIER et Jean-Pierre MUNIER sont les responsables-pays pour le TOGO depuis 2012 et ont réalisé ensemble 7 missions à raison de 2 missions chaque année.

Ils sont assistés sur le terrain par deux coordinateurs nationaux : Daniel LAAM KUAMBA, coordinateur principal, professeur de Français au lycée de SOKODE, plus spécialement chargé des prisons du Nord et Bonaventure ALOU, coordinateur adjoint, chauffeur routier et conducteur de convois, chargé des prisons du Sud.

e) Principaux événements organisés par les équipes-terrain :

Les équipes-terrain ont été très mobilisées par les responsables-pays pour commémorer le XXème anniversaire de PRSF. Chaque équipe-terrain participe avec ses moyens à la Semaine des détenus organisée par l’Administration Pénitentiaire dans chacune des prisons. En 2015, cette Semaine a été couplée avec la troisième édition de la journée internationale de solidarité avec le détenu.La semaine du détenu a été une occasion pour mobiliser les différents acteurs en vue d’améliorer les conditions de détention des personnes privées de liberté et tenter de mettre fin à la stigmatisation des détenus.

f) Réalisations dans le domaine de l’hygiène/santé, alimentation, jardins maraîchers, accès au droit,préparation à la réinsertion :

*Hygiène/Santé : Aux dépenses de savon liquide et d’eau de Javel (réalisation de PRSF dans presque toutes les prisons), il faut ajouter la prise en charge des ordonnances des détenus qui ne bénéficient pas de visites de leur famille, l’achat de savons de toilette. A noter que la gale sévit encore dans certaines prisons du fait de l’absence d’examen des nouveaux détenus. Le problème des fosses septiques toujours pleines est récurrent malgré l’achat par l’Administration Pénitentiaire de 2 camions vidangeurs.

*Alimentation : un seul repas par jour est servi aux détenus, insuffisant pour ceux qui n’ont pas le soutien de la famille ; 7 prisons disposent d’un jardin ce qui permet aux détenus qui le souhaitent d’y travailler et d’apprendre ainsi le métier. La production s’est améliorée en quantité et a commencé à permettre la vente d’une partie des légumes sur le marché pour financer l’achat des semences et le renouvellement du matériel.

*Accès au Droit : Les responsables-pays encouragent l’initiative du Conseil de l’Ordre qui a institué un Bureau pénal pour assurer une permanence d’avocat pour les interpellés et les assister lors de leur présentation devant le Procureur ou le juge d’instruction.

*De la détention à la réinsertion : Ce sont principalement les activités maraîchères, l’hygiène et l’alphabétisation qui peuvent être facteurs de réinsertion.

Les responsables-pays insistent sur la collaboration avec les autres associations intervenant en milieu carcéral pour tenter de travailler en commun et notamment pour assurer la pérennité des projets.

g) Projets pour 2016 et difficultés principales rencontrées:

Les responsables-pays souhaitent développer les équipes-terrain en motivant les responsables-terrain pour recruter davantage de membres et les encourager à mettre en place des mini-projets avec la participation des détenus afin d’améliorer les conditions de vie au sein de la prison.

Les responsables-pays souhaitent développer leur action avec le Barreau auprès de tous les détenus en définissant une convention avec les avocats ; augmenter le nombre de jardins pour que chacune des prisons puisse en disposer ; assurer la pérennité des ateliers initiés par Handicap International si celle-ci se retire à la fin du projet.

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